Imposante marche du MAK à Tizi-Ouzou
De Tizi-Ouzou, par Saïd Tissegouine

Sur initiative de son Conseil Régional, la grande famille militante et patriotique du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK) a battu les pavés de la capitale du Djurdjura pour dénoncer l’insécurité grandissante qui prévaut en Kabylie et exiger la tenue d’un référendum sur l’autonomie du peuple kabyle ainsi que le droit de soutien aux Amazighs de Libye qui mènent depuis des mois une lutte implacable pour renverser le régime dictatorial de Tripoli, symbolisé depuis 42 ans par la personne de Mouamaâr El Kaddafi.
Comme de coutume, la grande marche a connu son point de départ à l’entrée de l’université Hasnaoua pour se terminer à la place de l’ex-Mairie. C’est une véritable marée humaine qui a répondu favorablement à l’appel du Conseil régional du MAK en dépit des obstacles les plus inimaginables que le pouvoir d’Alger a tenté de dresser contre les manifestants, et ce, dans le but évident de faire tomber dans l’échec la manifestation.
En effet, entre autres obstacles, signalons la circulation qui n’a pas été fermée tout au long de l’itinéraire de la marche, une multitude de barrages de police dressés depuis la veille tout au long des routes et carrefours menant vers la ville de Tizi-Ouzou et l’interpellation des cadres du MAK à l’instar du Secrétaire National à l’Organique, M. Bouaziz Aït-Chebib, et de Salah Chemlal, secrétaire général du MAK, empêché par un barrage de gendarmerie de rejoindre la marche. Celui-ci, devons-nous rappeler, a été contrarié dans sa mission de cadre et de militant avant-hier à Boghni par la police locale. Nonobstant toutes ces embûches, les citoyens, plus explicitement les automobilistes, ont cédé le passage aux manifestants en mobilisant leurs voitures après les avoir serrées à droite de la chaussée. Ces mêmes automobilistes et les occupants de leurs voitures, en sus de céder le passage, ont encouragé les manifestants dans leur action et rappelé leur adhésion inconditionnelle au combat du MAK.
A propos de cette marche proprement dite, dès son commencement, les manifestants ont commencé à scander des slogans hostiles aux tenants du pouvoir algérien comme par exemple : « Bouteflika – Ouyahia, nous en avons marre de vos terroristes ! », « l’Algérie n’est pas arabe ! », « Nous ne sommes pas des Arabes ! », etc.
Arrivée à la place des Martyrs du Printemps Noir (carrefour du Djurdjura), la marée humaine, composée des deux sexes et de tous les âges, s’immobilisa. Cette halte où tout le monde se tint accroupi fut programmée pour observer une minute de silence à la mémoire des martyrs et l’écoute de l’hymne national kabyle. Ce fut un moment émouvant. L’écoute de l’hymne national kabyle a été observée même par des personnes non concernées directement par la manifestation qui se tenaient loin du grand rassemblement. Une fois l’hymne national écouté et l’observation de la minute de silence terminée, la grande famille militante et patriotique du MAK continua sa prospection jusqu’au point de chute, soit donc la place de l’ex-Mairie.
Une fois à ce niveau, c’est le rassemblement général. C’est aussi le moment pour trois responsables du MAK, à savoir MM. Razik Zouaoui, da Mohand Aouadhi et Bouaziz Aït-Chebib de prononcer chacun un discours, mettant à nu les mœurs « scélérates » du pouvoir d’Alger. C’est surtout le Secrétaire National à l’Organique du MAK, en l’occurrence Bouaziz Aït-Chebib, comme d’ailleurs à son habitude, de prononcer un discours cohérent qui est, au même temps, une véritable diatribe contre les tenants du pouvoir algérien. L’orateur a ouvertement accusé les tenants du pouvoir d’Alger d’avoir fomenté et mis à exécution le plan d’insécurité en Kabylie. « La Kabylie, dira Bouaziz Aït-Chebib, a toujours rejeté et combattu le terrorisme et l’intégrisme islamiste et voilà que c’est la même Kabylie qui pullule aujourd’hui de terroristes ». « Force, ajoute-t-il, est de conclure dès lors que ces terroristes sont payés par le pouvoir pour commettre des actes de déstabilisation en Kabylie et uniquement en Kabylie ».
Tout en mettant en avant les différentes bavures militaires commises à l’endroit des citoyens kabyles, le Secrétaire National à l’Organique du MAK dénoncera la présence massive des militaires en Kabyile. Sans hésiter, l’orateur comparera cette forte présence militaire en Kabylie à une armée d’occupation. En jouant avec les concepts des mathématiques, Bouaziz Aït-Chebib, se basera sur la déclaration du ministre algérien de l’intérieur et des collectivités locales, M. Daho Ould-Kablia, selon laquelle les victimes des bavures militaires seront prises en charges par l’Etat au même titre que les victimes du terrorisme pour démontrer que les militaires et les terroristes seraient considérés par l’Etat algérien comme une appartenance au même groupe. Le Secrétaire National à l’Organique du MAK, fort de grande maîtrise du verbe, se montrera encore fort prolixe dans le discours. En effet, l’assistance, déjà chauffée à blanc, entendra encore de la bouche de l’orateur que la Kabylie a mis dans le même panier et sur la même balance le président algérien Abdelaziz Bouteflika, Ahmed Ouyahia, les généraux Tewfik, Mehenna Djabbar, Mohamed Lamari et consorts.
A propos du chef de l’Etat algérien plus exactement, Bouaziz Aït-Chebib criera haut et fort : « Abdelaziz Bouteflika peut se donner la liberté d’être le président de tous les pays de la planète mais jamais la Kabylie ne le reconnaître comme son président ! ». Avant de terminer son intervention fort remarquée, le secrétaire National à l’Organique du MAK adressera les sympathies du peuple kabyle aux Amazighs de Libye qui luttent farouchement contre le régime dictatorial de Tripoli, représenté par la personne d’El Kaddafi et l’exhortera de faire preuve de vigilance pour que les fruits de sa révolution ne lui soient pas confisqués une fois le régime dictatorial de son pays tombé. « Nos frères combattants amazighs de Libye ne doivent pas subir ce que nous les kabyles avons subi en 1962 ! », rappellera à plusieurs reprises l’orateur avant de lancer encore d’une voix solennelle : « Il faut qu’El Kaddafi soit arrêté et jugé comme le sera un jour Bouteflika ! ».
Concernant enfin les futurs rendez-vous électoraux, Bouaziz Aït-Chebib les jettera d’une simple chiquenaude. « La seule élection que la Kabylie reconnaîtra, fera-t-il savoir, est celle devant porter sur son autonomie ».
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