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samedi 20 avril 2013

De Okba à El Qaïda au Maghreb


De Okba à El Qaïda au Maghreb
Il y a une terrible continuité historique en Afrique du Nord,  depuis l’invasion par les armées destructrices de Okba Ibn Nafaâ (1) jusqu’aux  katibates sanguinaires du GIA  et d’El Qaïda au Maghreb.  Les siècles  s’effacent pour mettre à nu  des similitudes flagrantes de comportements, de stratégies et d’objectifs.
Les actions actuelles d’El Qaïda au Maghreb (AQMI) pour la prise du pouvoir s’inscrit totalement dans la stratégie d’annexion dans la Oumma arabo-islamique, avec comme centre de décision localisé en Orient Arabe (Arabie Saoudite, Qatar,  Emirats, …).
Vu de cet Orient Arabe, l’Afrique du Nord est une colonie, encore colonisable pour mieux  islamiser et arabiser sa population, des « Barbariyun » ni totalement arabisés, ni « bons musulmans », selon leurs critères d’évaluation.
Dans la mémoire arabo-islamique, l’Afrique du Nord, constitue encore « une province » ou un « butin de guerre » des armées de Okba.
L’activisme actuel des dynasties pétrolières pour l’instauration d’un ordre arabo-salafiste-wahhabiste en Afrique du Nord se manifeste à divers niveaux :
  •  Par la diplomatie du chéquier pour la corruption de la classe politique dans l’ensemble des pays,
  •  Par une politique agressive d’investissement dans des secteurs spéculatifs, non productifs, pour prendre en otage l’économie,
  •  Par la terreur,  en instrumentalisant les groupes terroristes tels El Qaïda version AQMI, ainsi que les autres groupuscules au Maroc, Tunisie, Libye, Mali, Mauritanie …, en vu d’un futur ordre islamique.
Les prétentions colonisatrices de l’Afrique du Nord par ces oligarchies arabo-pétrolières ciblent ce qu’il y a de plus symbolique : la terre. Un évènement d’apparence secondaire est révélateur des prétentions des émirs. En effet, par la compromission des autorités algériennes et marocaines,  les princes émiratis, qataris ou séoudiens s’octroient des zones du territoire national pour la chasse des espèces protégées. A El Bayadh, ils chassent sous la protection de la gendarmerie nationale algérienne. Ces princes vont plus loin pour s’approprier ces territoires et vouloir les organiser. Un responsable émirati le dit sans détours(2)  : « Nous faisons de l’élevage d’outardes parce que ça rentre dans la culture des Émiratis et on veut transformer l’Algérie en un modèle mondial tel que l’Afrique du Sud en créant des cartographies pour la chasse ».
Aussi, les déclarations récentes des autorités algériennes ne font que confirmer la soumission des « arabo-islamiques algériens» envers leurs souverains orientaux.  Lorsque Ould Kablia, ministre de l’intérieur algérien, annonce le 14 mars 2013 à Ryadh(3) (Arabie Séoudite) : « la sécurité de l’Algérie est une ligne rouge  à ne pas franchir », n’est que pure gesticulation. Il fonctionne dans son mental en colonisé et reconnait, de fait,  le droit de regard sur son pays par les souverains orientaux.
Les terroristes au nom d’Allah.
Cette agression provenant de la péninsule arabique trouve un certain écho et une certaine efficacité parce qu’il existe des relais, conscients ou inconscients,  parmi les populations d’Afrique du Nord.
Pour appuyer cette hypothèse, le raccourci suivant ne souffre d’aucune ambiguïté : les noms de guerre des principaux « émirs » terroristes du GIA, AIS, GSPC, El Qaïda (Abou Zeid, Abou Alqama, Abou Tourab, Abou Talha, Abou Hamza, Abou Oubeida, Abou Mossâab Abdelouadoud,  …) font tous référence à l’histoire médiévale de l’Arabie musulmane conquérante. L’identification symbolique est tout sauf accessoire.
Dans leur mental, les intégrismes  nord-africains, qu’ils soient amazighophones ou arabophones,  n’agissent pas en autochtones  qu’ils sont réellement, mais en héritiers des conquérants arabes  de Okba et des Banu Hilal.
Il convient d’estimer  l’amplitude de l’acculturation arabo-islamique  de ces militants, ainsi capables de balayer le nationalisme moteur  des luttes de libération nationales contre le colonialisme français. Ces militants islamistes ne constituent heureusement pas la majorité, mais le problème est bien réel. Ils ont failli prendre le pouvoir en Algérie dans les année 90 et tentent de le prendre actuellement en Tunisie, en Libye ; ...
Cette acculturation est pleinement assumée par eux. Antar Zouabri, chef du GIA,  revendique ses tueries(4) (Ben Talha, 300 morts et 67 blessés ; Raïs, 400 morts ; Sidi Yourt (Ighil Izzan), 517 morts, …) dans un communiqué publié à Londres le 25 septembre 1997 : «Le monde doit savoir que toutes les tueries, les massacres, les incendies, les déplacements de population, les enlèvements de femmes sont une offrande à Dieu».
D’autre part, Les destructions de ponts, de voies ferrées, d’écoles, de bâtiments publics en Algérie n’ont pas d’autre explication : ils vandalisent un pays conquis. Ils ne s’identifient donc pas à ce pays.
Les prédateurs héritiers de Okba.
A l’image des terroristes, les prédateurs politico-financiers contribuent à leur façon à l’accaparation de ce « butin de guerre » légitimé jadis par Okba Ibn Nafaâ.
Le prédateur, quel que soit le pays d’Afrique du Nord concerné, s’explique dans son imaginaire, par sa  non appartenance  à la communauté nationale nord-africaine. Depuis des siècles, on lui a construit une appartenance mythique moyen orientale, de langue et de culture arabe,  jusqu’à son entière identification avec les chameliers du Hidjaz, venus avec Okba.
L’islamiste marocain, El Jabiri (1935 – 2010), traduit parfaitement cette vision expansionniste et totalitaire(5) : «l'islam n'arrivera à la plénitude de son unité que par l'arabisation de tous les peuples musulmans ». Celui-ci envisageait l'État arabe unifié comme devant un jour coïncider avec un immense État musulman arabisé, allant de l'Indonésie au Sénégal.
Cette vision n’est pas que pure spéculation intellectuelle. Elle est passée dans les faits depuis des décennies. L’auteur de ces lignes, comme tous ses camarades  de la classe de CM1 d’une  école de Haute Kabylie en 1964, a fait la prière de force sous la menace d’un instituteur syrien : prière ou bien zéro. L’oustaz syrien se sentait alors légitime dans sa mission pour arabiser et islamiser de force les jeunes kabyles.
Vider les caisses de l’Etat et partir !
Les différentes affaires de détournement de biens publiques concernant des centaines de millions d’Euros ou de Dollars  et de leur transfert à l’étranger  (Zeggagh, Khalifa, Chakib Khelil, Meziane, Rahal, Meliani, Attar, Bejaoui, Saïdani, etc.),  dont certaines n’ont pas encore révélé toute l’étendue du désastre, ne s’expliquent que par cette vision de butin à prendre. La razzia  : « le pays ne nous appartient pas, prenons donc le maximum en un minimum de temps  et partons ! », pourraient dire les concernés.
Dans cet esprit, l’information suivante concernant la corruption à Sonatrach, affaire dite Sonatrach 2, n’est certainement  pas due au hasard(6) : « Farid Bedjaoui, principal suspect dans les affaires de corruption à Sonatrach, se trouve actuellement à Dubaïaux Emirats arabes unis. Poursuivi en Italie et au Canada, le neveu de Mohamed Bedjaoui sait que la justice va finir par le rattraper ».
Le devoir de résistance.
Devant cette stratégie impérialistes et d’ingérence en Afrique du Nord  par les oligarchies orientales, par la corruption de la classe politique et  le soutien aux terroristes islamistes pour la prise du pouvoir en Algérie, Tunisie, Maroc, Libye, Mali …,  la résistance de tous est un devoir.
La défense de l’identité culturelle de l’Afrique du Nord, Tamazgha, et de ses intérêts économiques, constitue la pierre angulaire des luttes populaires dans les différents pays, pour les amazighophones comme pour les arabophones. La réappropriation de cette identité en est le premier acte.
Dans le sud des Aurès, proche de Biskra,  se trouve une ville-oasis habitée par les descendants d’Aksel (Koceila).  Au lieu de vénérer leur illustre ancêtre, héros de l’indépendance nationale, ils vénèrent encore Okba Ibn Nafaâ  le conquérant, mort dans cette ville, tué par l’armée amazigh commandée par Aksel.
Tôt ou tard, le sursaut nationaliste de libération mentale s’accomplira et chacun pourra alors se recueillir devant la statue de l’ancêtre authentique. Et cette ville cessera de s’appeler  « Sidi Okba ».
Références :
(1)_Okba Ibn Nafaâ  est  un général arabe envoyé en 670, à la tête des armées arabo-musulmanes, par les Omeyyades de Damas, pour convertir l’Afrique du Nord  à l’islam. Il a été tué par l’armée de Koceila (Aksel) dans les Aurès lors de sont voyage retour vers Damas.
(2)_Liberté 2 Octobre 2012
(3)_L’expression 14 Mars 2013
(4)_Antar Zouabri, wikipedia
(5)_nationalisme arabe, wikipedia
(6)_Sites Algerienews, tsa, etc.
Aumer U Lamara
Physicien.



Auteur: Aumer U Lamara
Date : 2013-04-13 12:46:00

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