Le président du MAK a plaidé la cause du peuple kabyle auprès de la représentante de la commission européenne
De Tizi-Ouzou, par Saïd Tissegouine

En mission à Tizi-Ouzou pour rencontrer les représentants acteurs du monde associatif et de la société civile kabyles, Mme Micol Brizibello, représentante de la commission européenne, chargée du suivi des financements des projets, n’a été, hier, insensible au discours du président du Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie (MAK), M. Bouaziz Aït-Chebib, sur la situation que vit le peuple kabyle suite notamment à sa demande d’autodétermination et les problèmes rencontrés sur le terrain par ses représentants (militants du MAK) dans leurs actions politiques quotidiennes.
21/10/2012 - 09:11 mis a jour le 20/10/2012 - 22:46 par
Au siège de la Maison du Citoyen, sise à la Nouvelle-Ville, laquelle est dirigée par M. Arezki About où s’est déroulée la rencontre entre l’hôte de la capitale du Djurdjura et ses vis-à-vis dont M. El Hachemi Touzène, président de l’association Amusnaw, Kamira Aït-Sid, représentante du Congrès Mondial Amazigh (CMA), le premier responsable du MAK, dans un français châtié, a largement explicité à Mme Micol Briziobello non seulement les motivations du peuple kabyle quant à son exigence d’autodétermination mais aussi tous les moyens et mécanismes déclenchés par le pouvoir pour imposer l’ostracisme aux militants du MAK. « Les espaces publics qui nous sont nécessaires pour nos rencontres nous sont interdits, les médias occultent nos actions et discours sinon qu’ils imputent nos labeurs à d’autres forces politiques dont l’inertie est pourtant connue de tous », souligne M. Bouaziz Aït-Chebib pour ajouter ensuite : « malgré ces inconvénients et aléas dont nous sommes victimes de la part du pouvoir algérien, nous avons quand même réussi à porter l’écho de nos voix sur la scène internationale. Aujourd’hui, celui qui ne voit pas la situation dans laquelle est plongée la Kabylie et qui n’a pas entendu des souffrances du peuple kabyle, c’est qu’il n’a rien voulu voir ou entendre ; car il n’y a pas plus aveugle que celui qui ne veut pas voir et pas plus sourd que celui qui ne veut pas entendre ». Mme Micol Briziobello, fort impressionnée par le discours de M. Bouaziz Aït-Chebib, a bel et bien pris des notes sur ce qu’elle venait d’entendre. En ce qui le concerne, M. le président de l’association Amusnaw a plaidé pour un enseignement de qualité « car, dit-il, espérer la possibilité d’efficience d’un travail fait sur la situation des droits de l’homme par un militant engagé dans cette voie s’il n’arrive pas à rédiger un rapport sur les violations des droits de l’homme qu’il pourrait constater ? ».
Par ailleurs, M. El Hachemi Touzène, comme l’a d’ailleurs souligné avant lui M. Bouaziz Aït-Chebib, a informé la représentante de la commission européenne, chargée du suivi des financements des projets, du danger véhiculé par les associations lesquelles sont parrainées par les appareils du pouvoir. « En général, explique à son tour le président de l’association Amusnaw, font dans la folklorisation la chose qui nécessite pourtant des études plus scientifiques car elle est pourvue d’un aspect authentiquement sociologique, historique, politique et culturel ».
L’intervenant a également révélé que pas moins de 600 enfants dont sa propre fille ne sont toujours pas inscrits sur les registres de l’état-civil de l’APC de Tizi-Ouzou car ils portent des prénoms kabyles. Quant à lui, M. Arezki About a signalé un cas où un garçonnet en âge de scolarité n’est toujours pas inscrit au service de l’état-civil communal à cause de son prénom non reconnu par l’autorité communale. « La situation de la famille de ce garçonnet s’est aggravée puisqu’une nouvelle naissance de sexe féminin vient égayer le couple parentale. Et comme son frère aînée, la fille n’est toujours pas prénommée officiellement », relève encore le président de la Maison du Citoyen de Tizi-Ouzou. Pour sa part, une jeune diplômée en sciences politiques par l’université Mouloud Mammeri de Tizi-Ouzou a déploré l’absence d’un enseignement dans l’espace universitaire sur les droits civiques et des droits de l’homme au profit des étudiants. « Mes propres connaissances en matière des droits de l’homme, témoigne cette jeune femme, je les ai acquises en dehors de l’université ».
Beaucoup d’autres interventions ont été enregistrées à l’issue de cette rencontre par Mme Micol Briziobello. Pour la journée d’aujourd’hui, l’hôte de la capitale du Djurdjura devait se rendre au village de Taourirt-Moussa, commune d’Ath-Douala pour rencontrer les responsables de la fondation Lounès Matoub.
Saïd Tissegouine pour Tamurt.info
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