A Boumerdès, entre promesses et attente d’indemnisations - Contrechamps - El Watan
A Boumerdès, entre promesses et attente d’indemnisations
le 16.09.11 | 01h00 Réagissez
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Les personnes ayant été tuées accidentellement par les soldats de l’ANP durant ces dernières années à Boumerdès sont considérées comme des victimes du terrorisme.
Certaines familles des victimes n’ont eu droit qu’à une indemnisation, qui ne leur a été versée qu’après un long processus et d’harassantes démarches administratives. D’autres courent à ce jour en attendant l’aboutissement de ce strict minimum qui leur a été promis après la perte de l’un des leurs. «On ne sait plus à quel saint se vouer. Le dossier traîne au niveau de l’administration depuis plus d’une année», nous dit Mourad, le frère de Rachid Benfattoum (29 ans), victime de la bavure militaire survenue le 12 décembre 2009 à Timezrit.
Près de deux ans après le drame, la famille de Mourad n’a eu droit à aucune indemnisation. Inutile alors de parler, pour lui, de poursuites judiciaires contre l’auteur de la bavure. «On n’a eu que des promesses et il n’y aura certainement pas de poursuites. Le ministère de la Défense nous a assurés que le problème serait réglé incessamment dans le cadre des dispositifs de lois sur la prise en charge des victimes du terrorisme, mais on n’a rien vu venir à ce jour. Même le PV de constat devant relater les circonstances de la mort de mon frère n’est pas encore établi par les services de la Gendarmerie nationale», s’indigne-t-il. Son frère avait été tué vers 5h30 non loin du domicile familial, à 500 m du chef-lieu.
Contacté par nos soins, le père de Smaïl Djazaïri (19 ans), tué par un militaire le 19 mars 2010 près de la localité de Naciria, à l’est de Boumerdès, nous confie, quant à lui, que le dossier de son fils est clos. «Il me semble que le dossier est clos. On a reçu une indemnisation, et rien de plus», nous a-t-il indiqué. Qu’en est-il du sort réservé à l’auteur de la bavure ? Le père de Smaïl n’en sait rien. «J’ai adressé une correspondance au juge d’instruction du tribunal militaire de Blida pour prendre les mesures qui lui sont conférées par la loi quant au jugement de l’auteur des tirs ayant coûté la vie à mon fils, mais je n’ai reçu aucune réponse», a-t-il encore ajouté.
La victime avait été tuée vers 16h, près du barrage militaire dressé à hauteur du campement militaire du village Imaghninen, à 10 km au sud de Naciria. Sa mort a suscité colère et indignation parmi les habitants de la localité, lesquels s’interrogent à ce jour sur les résultats de l’enquête enclenchée pour élucider les circonstances du drame. Il est à noter enfin que plusieurs autres bavures ont été commises dans différentes localités de la wilaya de Boumerdès durant ces dix dernières années. La seule affaire de ce genre qui a été examinée par la justice est celle liée à la bavure policière commise en avril 2010 à Zemmouri. Le policier à l’origine de l’acte qui a coûté la vie au jeune B. Hamza a été condamné, le 26 octobre 2010, par le tribunal criminel de Boumerdès à une peine de 18 mois de prison ferme assortie d’une amende de 50 000 DA.
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